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Affaiblir le chiffrement ?

Rédigé par -Fred- / 23 août 2016 / Aucun commentaire

Le chiffrement est devenu la cible prioritaire de tous les décideurs politiques dans de nombreux pays alors que dans le même temps, les spécialistes sont unanimes : il est impossible d'affaiblir le chiffrement au seul bénéfice des "Gentils".

Deux visions s'opposent : d'une part, celle des décideurs, qui sont convaincu qu'une solution intermédiaire est trouvable entre le chiffrement actuel et pas de chiffrement du tout. Ces mêmes décideurs qualifiant d'irresponsables, voir de dangereux, ceux qui n'iraient pas dans leur sens. D'autre part, celle des spécialistes qui affirment que cela est tout bonnement impossible.

Où se situe les problèmes principaux ?

Je ne suis pas du tout spécialiste du chiffrement mais pourtant, les problèmes me semblent tout à fait simples à comprendre.

Tout d'abord, introduire volontairement une faille dans un protocole ou une application, ça fait baisser le niveau global de sécurité. Même en sachant que tel protocole ou application dispose d'une porte dérobée contrôlée par X, rien ne permet de dire que Y n'en a pas connaissance et ne l'utilise pas sans que X ne soit au courant.

Aujourd'hui, bien que cela ne se fasse officiellement pas, des failles sont régulièrement trouvées. Cela signifie que certains les cherchent sans même savoir si elles existent. Or, introduire volontairement des faiblesses dans des protocoles ou des applications, ça revient à envoyer un message disant : " Il y a au moins une faille là, elle ne demande qu'à être retrouvée ... ".

Si les outils de chiffrement venaient à être volontairement castrés de la sorte, quelles solutions resterait-il notamment pour les états et dans une moindre mesure, pour les entreprises ? Je passe volontairement outre les particuliers (lambda, journalistes, activistes, avocats...) car la sécurité qu'apporte le vrai chiffrement, ce n'est visiblement pas pour eux dans la mesure où c'est dans cette catégorie que se cachent les "terroristes". Comment les décideurs vont garantir leur propre sécurité et celle de leurs fleurons industriels si seuls des outils moisis sont utilisables ? Va-t-on se tourner vers un droit au chiffrement à deux vitesses ?

Est-ce qu'une application qui introduit une porte dérobée peut encore être libre ? La question n'intéressera pas grand monde à part les libristes mais elle me semble centrale. Si la faille se trouve au niveau de l'application, elle doit théoriquement être trouvable en analysant le code source (je ne prétend pas que ce soit simple mais je signale juste que c'est théoriquement possible) et cette anomalie peut être alors corrigée. Seule solution alors, ne pas fournir les sources des outils de chiffrement mais du coup, c'est moins libre, faut l'avouer.

C'est quoi un gentil ?

Comme ça, et sans trop réfléchir, je dirais que c'est quelqu'un avec qui on est d'accord sur l'essentiel. Au niveau des états, il y a au moins un groupe constitué des pays occidentaux. Sauf que même entre eux, on ne se dit pas tout et le copain veut parfois en savoir plus sur vous que ce que vous voulez bien lui dire. On a beau être amis, on ne peut pas tout se dire. Ceci n'est pas choquant, bien au contraire. Je ne déballerai pas non plus ma vie à mes voisins, même s'ils devenaient instants.

Rajoutons à cela que "Gentil" est un statut temporaire même si certains état on pris l'habitude de le rester entre eux sur de longues périodes. Aurions nous la même vision du monde si des extrêmes venaient à prendre le pouvoir en France ?

Donc en gros, on propose de brider volontairement les outils de chiffrement pour les "Gentils" alors même que la notion de "Gentil" est trouble et instable dans le temps. La seule solution dans ce cas est que chacun casse lui même le chiffrement dans son coin.

Et c'est quoi un terroriste ?

On doit pouvoir trouver une définition précise dans un bon dictionnaire. Toutefois, le mot "terroriste" et tout ce qui va avec est employé largement aujourd'hui dès qu'il a une menace sérieuse de trouble à l'ordre public. Je caricature probablement mais les premiers à faire les frais des premières mesures adoptées dans le cadre de l'état d'urgence sont des manifestants altermondialistes manifestant contre la COP21. "Si vous voulez vous débarrasser d'un chien, dites qu'il a la rage." Encore une foi, c'est caricatural mais l'idée est là à mon sens.

Et si affaiblir le chiffrement servait à autre chose qu'à lutter contre le terrorisme ?

L'affaiblissement du chiffrement ouvre la boîte de pandore. Une fois cela en place, c'est utilisable pour tout, ce n'est qu'une question d'imagination. J'évoquais ci-dessus la possibilité non nulle que des extrêmes (ou du moins leurs idées) arrivent au pouvoir en France prochainement. Ceux au pouvoir aujourd'hui, et intimement convaincu de le faire pour de bonnes raisons, ne seront probablement plus aux commandes une fois ces outils déployés. Les garanties qu'ils peuvent donner même de bonne foi aujourd'hui n'ont pas de valeur au delà des prochaines échéances démocratiques. Que feront les suivants avec un tel pouvoir ? Bien malin qui pourrait le prédire avec précision tant le champ des possibles est grand et tant le contexte peut évoluer. Une question d'imagination encore une fois.

En conclusion

En réponse à un problème bien réel, on propose une solution consistant à casser un outil largement utilisé y compris pour des usages tout à fait légitimes, ce qui en définitive pose plus de problèmes qu'il n'en solutionne.

À garder en tête :

" Si vous croyez que la technologie peut résoudre vos problèmes de sécurité, c’est que vous ne comprenez pas les problèmes et que vous ne comprenez pas la technologie. "
Bruce Schneier

Equipement TV/Hifi prêt à jeter

Rédigé par -Fred- / 21 août 2016 / Aucun commentaire

Évolution des normes de diffusion TV par voie hertzienne

Ces dernières années, les normes de diffusion des chaînes hertziennes ont beaucoup bougé. Quand on ne s'y intéresse pas vraiment, ce n'est pas forcement évident d'y voir clair immédiatement. Je suis d'ailleurs de ceux là.

Tout d'abord il y a eu l'arrivée progressive des premières chaînes numériques en parallèle avec la diffusion analogique (approximativement au milieu des années 2000). Peu après, entre 2009 et 2011, il y a logiquement eu l'arrêt de la diffusion en analogique. Ça, c'est le passage à la TNT (compression en MPEG2 et diffusion en DVB-T).

Progressivement, plusieurs chaînes ont commencé à émettre en HD (Haute Définition), certaines chaîne étant toujours diffusées en SD (Simple Définition). Récemment, en avril 2016, la TNT a complètement basculé en HD (compression en MPEG4 et diffusion en DVB-T).

Vers, 2020, il est prévu de basculer à la norme de diffusion DVB-T2.

Ces sauts technologiques s'expliquent par les besoins croissants en qualité, en services et en optimisation (les bandes de fréquence sont des ressources rares et il faut bien les utiliser). De ce point de vue, il est compréhensible que cela évolue. A ce propos, voilà un document intéressant à lire pour mieux comprendre ce sujet : Cons._passage_MPEG-4_bande_700_avenir_TNT.pdf

Toutefois, ces dernières années, je constate que moi ou mes proches avons été contraints de nous rééquiper uniquement à cause de ces sauts technologiques à répétition. Le matériel n'a plus le temps de tomber en panne puisqu'il devient obsolète. Plus encore que pour les téléviseurs, cela est flagrant pour les décodeurs externes qui ne sont plus d'aucune utilité dès qu'ils sont incompatibles avec la norme en vigueur. Là, j'envoi à la poubelle un décodeur TNT double tuner avec disque dur fonctionnel mais incompatible avec la TNT HD. J'ai un proche exactement dans ce cas là avec un appareil similaire.

Pour ce proche justement, il a été nécessaire de trouver une solution de remplacement en terme de fonctionnalités et la solution la plus simple d'usage est de passer par un lecteur blue ray avec double tuner et disque du intégré. Il n'y en a pas tant que ça mais on trouve les modèles les moins chers à un peu plus de 300€. Le plus drôle, c'est que la prochaine évolution prévue vers 2020 (diffusion en DVB-T2 donc) va rendre obsolète ce matériel. Donc en gros, au moment de l'acheter, je suis déjà en mesure de dire combien de temps le matériel sera pleinement utilisable et surtout quand il ne le sera plus. Il est loin le temps où un appareil cessait d'être utilisable quand il était HS.

Vis ma vie de bidouilleur

Rédigé par -Fred- / 17 août 2016 / Aucun commentaire

Lorsqu'on est curieux et que comme moi on adore bidouiller sur son temps libre, on finit par se lancer dans des projets divers et variés, ce qui n'est pas sans amener parfois quelques problèmes inattendus. Tous on peut être pour origine commune que l'on manque cruellement de temps pour tout faire. En effet, les problèmes intéressants sont nombreux mais la réciproque n'est pas vraie : tous les problèmes ne sont pas intéressants, loin de là. Le jeu donc, c'est de faire le tri en permanence pour que cela reste cool. Voici comment j'opère pour faire mes choix :

Le premier filtre que j'applique consiste à ne pas partir sur des technos fermées. Dépenser de sont temps, c'est en investir. Une techno qui aura réussi à capter massivement du temps va mieux évoluer qu'une autre moins utilisée. Comme je préfère voir des technos ouvertes évoluer, je vais vers elles, logique. C'est une forme de soutient en quelque sorte. Si après côté pro, je dois travailler sur autre chose, c'est différent dans le mesure où je suis payé pour ça.

Le second filtre consiste à partir le moins possible sur les problèmes des autres, sauf si ces problèmes m'intéressent. Il n'est pas rare que l'on me demande de regarder tel ou tel truc, sous prétexte que ça ressemble à quelque chose auquel je me suis déjà intéressé ou que je dois savoir faire. Typiquement, ça peut être de réparer ou d'aider à l'utilisation d'un ordi par exemple. En soit, ça peut potentiellement être marrant au début mais ça peut devenir vite répétitif et ça revient souvent à faire la maintenance de la machine à la place de l'autre. Un dialogue entre un passionné et quelqu'un qui veut juste que ça marche ne peut pas aboutir à grand chose si ce n'est à de l'incompréhension. Je passe sur le cas plus rare mais bien réel de celui qui travaille sur son propre projet mais qui ne semble pas trouver d'autre solution que de vous vampiriser votre temps pour avancer. En fait, je constate que la recherche d'un problème intéressant est avant tout une démarche personnelle même s'il peut y avoir parfois des exceptions comme pour le projet sur lequel je bosse en ce moment (une idée extérieure peut de manière inattendue venir en compléter une autre qui germait).

Le troisième filtre que j'applique consiste à ne pas repartir sur des problèmes que j'ai déjà traité. Passé la phase de découverte, une fois le problème traité et assimilé ce qui pouvait l'être, soit j'approfondis, soit je passe à autre chose. Si un problème proche survient, il faut que le delta avec celui que j'ai déjà traité m'apporte quelque chose de significatif. Plus ce delta est faible, moins il a de chance d'être intéressant et enrichissant. A voir au cas par cas donc.

Je tente aussi le moins possible de traîner certains sujets lorsqu'ils ont cessé de m'apporter quelque chose. Si je peux aboutir au moins partiellement, c'est déjà pas mal. Dans l'absolu, je souhaite terminer ce que je commence mais ce n'est pas tout le temps possible de suite (je pense à mon clone de Zelda3) donc dans ce cas, certains projets finissent par être mis de fait en sommeil. Paradoxalement, le temps passé sur un projet n'a pas d'importance. Le trucs rapides à faire sont tout aussi intéressants que les projets plus lourds qui demandent un investissement qui tienne sur la durée. Je trouve même intéressant de passer de l'un à l'autre car c'est aussi un bon moyen de diversifier un peu cette activité. L'idée générale, c'est que ce que je réalise sur mon temps de loisir reste un vrai plaisir et que ça me corresponde. Le temps que j'y consacre n'étant pas extensible à l'infini, je me dois de l'utiliser au mieux.

Un bon projet finalement, c'est quelque chose auquel je pense un bon moment sans oser franchir le pas (entendre par là, prendre un crayon et commencer à poser mes idées sur le papier). Je n'ose pas au début, d'autant que je me pose toujours la question du temps que je pourrai y consacrer. Cette période de réflexion me permet aussi d'y réfléchir de manière un peu dépassionnée, sans influences extérieures, et de mesurer un peu mieux la faisabilité de la chose (que cela ai déjà été réalisé par un autre ou non). Lorsque je me décide enfin, c'est que l'idée a déjà fait un bout de chemin dans ma tête et qu'elle me semble toujours aussi amusante ou intéressante. Elle s'impose progressivement à moi de sorte qu'il est naturel de la concrétiser. Quand je franchis le pas, je suis déjà relativement sûr de moi même si des imprévus surviennent ensuite. Les aléas font partie du jeu et c'est eux qui me font le plus progresser.

Imprimante 3D : Où en suis-je ?

Rédigé par -Fred- / 01 août 2016 / Aucun commentaire

Des nouvelles récentes de l'imprimante

Cela fait un petit moment que je n'ai pas parlé de mon imprimante 3D, et pour cause. Entre mes examens et mon nouveau travail, je l'ai un peu mise de côté. Les vacances étant (presque) là, j'ai un peu remis les mains dedans, afin de l'améliorer un peu. Je me suis penché sur deux modifications en particulier.

La première a simplement consisté à lui ajouter un dérouleur. Ça n'a l'air de rien et vu de loin, ça peu presque paraître superflu. Ben en fait, c'est juste essentiel. Sans dérouleur, il faut constamment être à côté pour dérouler un peu de fil, mais pas trop sinon ça vire vite au sac de nœuds. Une fois le dérouleur en place, il est simplement nécessaire de venir contrôler l'impression en elle même de temps en temps si on veut (mais je ne m'éloigne pas trop quand même, on ne sait jamais).

Seconde modification, redescendre le plateau. Sur le principe, c'est assez simple. J'ai juste retourné les glissières de l'axe Y afin qu'elle passent sous la tige filetée qui les supportent. Ça a nécessité de retravailler le plateau (découpe de la partie en médium) mais après l'opération, je gagne 2 cm environ sur l'axe Z. :D

Voici quelques photos :

Le dérouleur que l'on peut voir sur la photo est réalisé avec des pièces de récup. En fait, j'ai utilisé les pièces en médium que j'avais réalisé avant de me décider à construire une reprap en partant de pièces imprimées. J'en ai aussi profité pour changer la vitre de la plaque chauffante, cassée il y a quelque temps, la faute à la butée en Z mal serrée. Pas de soucis ensuite pour les réglages même s'il faut prendre son temps pour le réglage en Z (hauteur de plateau, positionnement de la butée).

Mon bilan, avec du recul

Ce petit point me donne aussi l'occasion de faire le point sur mon utilisation de l'impression 3D et de parler de ce que j'en pense. Je précise qu'aujourd'hui, j'imprime essentiellement des pièces que je trouve sur thingiverse.com (ce site est énorme en terme de quantité de modèles disponibles). J'ai modélisé une seule pièce sous Freecad (pièce que j'ai ensuite imprimée). La pièce en elle même était sans intérêt mais cela m'a permis de tester toute la chaîne. Je n'ai par ailleurs imprimé à ce jour qu'en PLA et je termine ma première bobine d'un kilo, ce qui est un indicateur intéressant .

Je m'éclate toujours autant avec et ça me captive. On peut toujours l'améliorer, faire autrement, trouver des trucs cool à imprimer... Toutefois, j'ai acquis la certitude qu'en l'état, l'impression 3D en général n'est pas en mesure d'envahir les foyers. En effet, ce qui m'intéresse dans l'impression 3D tient autant dans la construction et les réglages de ma machine que dans les pièces que je pourrai en sortir. Je n'ai pas de visée utilitaire immédiate. Il m'arrive de sortir des pièces juste "utiles" mais ce n'est pas pour ça que je me suis lancé dans la construction de mon imprimante.

Mr toutlemonde, s'il en vient à vouloir s'équiper en imprimante 3D, va probablement vouloir en faire usage un peu comme son imprimante papier. Sauf que si pour l'impression sur feuille il est très simple de produire soit même ce qui est à imprimer (texte, photos), cela n'est pas forcement trivial pour l'impression 3D. L'une des promesses de l'impression 3D est la suivante : "vous êtes capable, vous même, d'imprimer les pièces dont vous avez besoin". Encore faut-il disposer du modèle qui va bien. Les modèles disponibles en ligne ne couvriront jamais qu'une petite part des besoins des uns et des autres. Quand bien même toutes les pièces seraient disponibles, bon courage à qui voudrait en faire le tour pour trouver celle dont il a besoin. A un moment ou un autre, si notre seul objectif est de produire les pièces nécessaires à une réparation ou autre, il faut savoir les décrire avec précision, les modéliser avec les outils adéquates ou prendre en compte les contraintes liées au mode d'impression et au matériau utilisé. Je ne parle même pas du temps et de la motivation nécessaire pour monter en compétences là dessus. On risque de perdre pas mal de monde en route vu sous cet angle. Reste alors comme option la dépendance à quelqu'un dont c'est le métier. Ce n'est pas pour rien que l'on voit fleurir ici ou là des commerces qui proposent des services d'impression 3D aux particuliers.

Pour revenir à mon cas, je vais continuer à jouer avec. Mes derniers réglages donnent de très bons résultats et je vais maintenant pouvoir attaquer progressivement d'autres projets amusants. J'ai pas mal de choses à apprendre avant d'être à l'aise pour modéliser mes propres pièces, même pour les plus simples.

Un diplôme de plus en passe d'être validé

Rédigé par -Fred- / 21 juillet 2016 / Aucun commentaire

Les résultats des UE du CNAM que j'ai passé en juin sont tous tombés il y a peu et j'ai validé les dernières qui me manquaient pour faire ma demande de Bac+4 en électronique (Responsable opérationnel en électronique). Le plus dur est fait et il me reste à faire ma demande de diplôme (la partie plus administrative en somme).

En soit, ce n'est qu'un diplôme intermédiaire entre la licence et le diplôme d'ingénieur. Pour autant, je suis bien content de pouvoir le valider car c'est un diplôme équivalent que je visais en 2001 lorsque j'ai commencé le CNAM. J'ai clairement pris mon temps et je l'assume :D . Le chemin pris est au moins aussi important que le but à atteindre.

Maintenant, il me reste à continuer à avancer sur le cycle ingénieur.