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Histoire d'une migration ratée vers Xubuntu

Rédigé par -Fred- / 18 mai 2016 / 5 commentaires

Ceci peut ressembler à un billet d'humeur.

A quoi bon se casser la tête à mettre en avant les solutions libres quand de toute manière, l'utilisateur final n'en a que faire. Ceci n'est pas un reproche vis à vis de l'utilisateur final mais bien un constat.

Il y a un plus d'un an, la machine de l'un de mes proches, sous Windows Vista, présentait tout un tas de problèmes, de lenteurs récurrentes, etc... On m'a donc demandé ce qu'il serait possible de faire pour remédier à ces désagréments et le plus simple était une réinstallation complète. L'utilisateur semblait presque prêt à changer de machine s'il le fallait (machine toute jeune, à peine 5 ans ; ce qui peut faire sourire les plus technophiles ;-) ).

Je ne suis pas un franc partisan de la migration forcée sous GNU/Linux mais bon en même temps, la machine n'était à ce que je voyais, que utilisée pour aller sur internet et visualiser/stocker des photos. Comme équipements externes, rien mis à part une imprimante multifonctions et des appareils photo numériques.

S'il y avait eu la moindre application particulière, le moindre appareil ésotérique ou autre chose du même type, je me serait contenté d'une réinstallation du système d'origine. Comme ce n'était pas le cas, j'ai tout de même pris le temps d'expliquer, ce que je proposais, quels étaient les changement attendus et ce qui ne changerait pas.

A ce stade, si vous vous trouvez dans le même cas, qu'après explications la réponse est "On te fait confiance" et que votre interlocuteur ne souhaite de toute façon pas prendre la peine de comprendre ce que vous lui expliquez, arrêtez tout. En effet, vous allez droit dans le mur. Cela est vrai pour plusieurs raisons.

Les besoins ont-ils été bien identifiés ?

L'utilisateur ne sait pas dire ni exprimer ce dont il se sert au quotidien sur sa machine. Consulte-il ses mails via un client lourd ou un webmail ? Il n'en a pas la moindre idée. A-t-il vraiment identifié toutes les petites applications qu'il a l'habitude d'utiliser ? Non, probablement pas, et c'est problématique.

On te fait confiance, mais surtout pour que ce soit comme avant...

L'utilisateur ne souhaite pas changer ses habitudes. C'est ça qu'il a veut dire quand il dit qu'il me fait confiance. Il veut le moins de changements perceptibles, ce qui transforme chaque détail spécifique à l'OS de départ en montagne à abattre dès lors que l'on se trouve dans le nouvel environnement. Essayez d'installer "Freecell", version Vista, sur Xubuntu. Via wine, seule la version XP est disponible. Une petite fenêtre s'ouvrait que vous branchiez votre appareil photo, et vous aviez directement le choix de copier ou déplacer son contenu dans le répertoire de votre choix. Naviguer dans les répertoire et refaire un bon vieux copier/coller vous semble alors être une aberration sans nom.

Maintenant, il y a un SAV.

Voilà ce qui m'a semblé le plus dur : la machine était depuis longtemps hors garantie et n'était suivie par personne. Elle a donc vivoté comme ça bon gré, mal gré, et ce durant plusieurs années. Elle ne fonctionnait pas bien mais puisque c'était avec le système préinstallé, il n'y avait pas grand chose à faire. Le système préinstallé donne l'impression d'avoir été choisi en connaissance de cause donc quand ça plante, on se trouve un peu face à nos propres choix et on assume plus facilement de faire avec.

A compter du jour où j'ai mis les mains dedans et où j'ai changé d'OS, je suis devenu le technicien qui doit veiller au bon fonctionnement de la machine et à qui on commence à demander de faire rentrer un rond dans un carré. Puisque j'ai proposé une solution autre, je suis devenu celui qui doit défendre la dite solution et qui doit trouver une solution quand un truc ne fait pas ce que l'on s'attend à ce qu'il fasse. J'ai réintroduit sans le vouloir une espèce de relation client/prestataire avec un contrat de maintenant GOLD.

Et maintenant ?

J'ai compris trop tard mon erreur et on ne m'y reprendra pas. Pour autant, la machine fonctionne parfaitement, est stable et ne présente plus les défauts qui lui étaient reprochés. Les gros problèmes sont soldés mais les différences perceptibles à l'usage sont elles même perçues comme de nouveaux problèmes et ce qui me semblait être de l'ordre du détail s'est en fait avéré capital à l'usage. Cela est hautement subjectif mais c'est ce qui compte en définitive.

Je vais donc repasser la machine sous Windows, déçu, forcement, mais aussi en me disant que c'est encore la solution la plus appropriée. Je considère que j'ai même trop attendu car la solution que j'avais proposé était mal vécue par mes proches.

Entrée à l'EICNAM

Rédigé par -Fred- / 30 avril 2016 / Aucun commentaire

Puisque j'en suis arrivé à cette étape de mon cursus, je me suis dit que détailler comme cela se passe du point de vue d'un auditeur CNAM pouvait être intéressant. Ce que je décris vaut pour ce que j'ai vécu uniquement et je ce n'est certainement pas exhaustif. Dans mon cas, je ne pratique aujourd'hui pratiquement que l'enseignement à distance sauf pour quelques UE (Unitées d'Enseignement) spécifiques.

Précision avant d'aller plus loin, l'EICNAM est le nom donné à l'école d'Ingénieur du CNAM.

L'inscription au CNAM se fait sans concours d'entrée. Seul un niveau d'étude minimal est demandé en fonction des UE ou des diplômes que l'on vise. Dans certains cas, des UE de mise à niveau sont proposées, notamment lorsque l'on vise un diplôme en particulier (c'est d'ailleurs ce que j'ai eu à faire avant de vraiment commencer ma licence d'informatique en prenant NFP135 et NFP136). Contrairement à un cursus classique, un niveau d'expérience dans le domaine peut être nécessaire pour que le diplôme soit délivré.

Pour l'EICNAM, c'est un peu différent. Dans la mesure où l'école est habilité par la CTI (Commission des Titres d'Ingénieur) à délivrer des diplômes d'ingénieur, il y a certaines conditions supplémentaires. Les cours sont organisés de la même manière mais certaines UE ne sont pas accessibles tant que l'on est pas inscrit (une UE relative au métier d'ingénieur, une autre de communication et le mémoire). De plus, il faut être inscrit au moins 4 semestres au CNAM pour avoir le droit de demander son diplôme.

L'inscription à l'EICNAM est elle aussi un peu plus balisée qu'une inscription habituelle au CNAM. Il est nécessaire de rendre un dossier détaillant son projet d'Ingénieur. Ensuite, il faut passer un entretien devant un jury. Cet échange a pour but de tester nos aptitudes et de valider notre projet. Le jury peut à cette occasion être amené à nous donner ses conseils. Cette demande d'inscription est possible dès lors que l'on a obtenu la quasi totalité de UE du cycle préparatoire. Dans mon cas, j'ai passé l'entretien alors qu'il me restait deux UE du cycle préparatoire à valider. Il est par ailleurs possible de préparer certaines UE du cycle ingénieur avant d'être inscrit à l'EICNAM.

J'ai donc été autorisé à m'inscrire à l'EICNAM afin de préparer un diplôme d'Ingénieur en électronique. Toutefois, j'ai entre temps souhaité et eu la possibilité de changer d'orientation professionnelle. En clair, depuis mon passage devant le jury, j'ai quitté l'industrie électronique et mon metier actuel touche désormais à l'informatique dans un tout autre secteur d'activité. Je n'ai plus aujourd'hui la possibilité de valider un diplôme d'Ingénieur en électronique, cela n'aurait d'ailleurs pas de sens. Ce choix professionnel est parfaitement assumé et l'année qui vient va donc me permettre de réévaluer mes objectifs au CNAM.

Anticiper les ennuis en auto-hébergement

Rédigé par -Fred- / 25 avril 2016 / 4 commentaires

Introduction

L'auto-hébergement permet de retrouver un certain contrôle sur ses données et c'est le gros intérêt de la démarche. Mais, l'auto-hébergement implique, et c'est le revers de la médaille, d'assumer seul plusieurs risques supplémentaires. Il est donc utile de se poser quelques questions à un moment.

Précisions

Précision importante, l'auto-hébergement dont je parle ici est typiquement celui mis en œuvre par un particulier dans un cadre privé par exemple. C'est la forme qui m'intéresse là.

Venons en à mon cas

Google, Yahoo!, ou n'importe quel autre fournisseur habituel de mail n'est pas responsable si mon serveur de mail n'est plus accessible ou si mes données sont perdues par exemple. Les ressources physiques sous mon contrôle sont sous ma responsabilité. Cela couvre à la fois les problèmes logiciels et les problèmes matériels qui pourraient intervenir.

Méthode d'analyse

Je ne passe pas vraiment par une méthode particulière mais par simplement un peu de bon sens. L'idée, c'est d'anticiper ce que je peux et d'avoir déjà des réponses à apporter lorsque je me trouverai réellement en situation. Avant de proposer des réponses, il faut se poser les bonnes questions et pour se poser les bonnes questions. Je vais donc procéder comme suit :

  • Identifier le système sur lequel je veux agir.
  • Estimer les impacts des défaillances sur ce système complet.
  • Indiquer ce qui est déjà prévu en cas de défaillance.
  • Identifier les "trous dans la raquette".
  • Identifier les actions à mener afin de combler ces faiblesses.

Vue assez fidèle de mon réseau :

note : pour ce schéma, j'ai utilisé dia et les icônes de Jean Cartier.

Estimation de l'impact des défaillances :

Chaque élément sur ce réseau peut tomber en panne. Que le problème soit d'origine logiciel ou matériel importe peu, la seule chose importante est que l'élément considéré peut ne plus fonctionner à un moment donné. Élément par élément, quels sont donc les impacts d'une panne sur le système entier ? C'est aussi l'occasion d'estimer le niveau de gravité des impacts causés par chaque panne. J'en profite donc pour classifier chaque impact avec un niveau allant de 1 (impact mineur) à 3 (impact majeur). J'ai estimé qu'il était possible de fonctionner avec un effet de niveau 1. Pour les effets de niveau 2, j'ai considéré qu'une gène était visible que ce soit à l'intérieur ou à l'extérieur de mon réseau et qu'il n'était de fait pas possible de fonctionner en l'état. Enfin, les effets de niveau 3 traduisent un risque irréversible de perte de donnée. Voyons voir :

Modem ADSL HS :
  • (2) Plus de connexion à internet possible depuis mon réseau.
  • (2) Serveur auto-hébergé n'est plus visible de l'extérieur.
  • (3) Si la situation se prolonge, risque de perte des nouveaux mails entrant.
  • (1) Téléphonie fixe non fonctionnelle.
Parefeu HS :
  • (2) Plus de connexion à internet possible depuis mon réseau.
  • (2) Serveur auto-hébergé n'est plus du tout accessible, y compris depuis le réseau local.
  • (3) Si la situation se prolonge, risque de perte des nouveaux mails entrant.
  • (2) Serveur NAS inaccessible en local.
  • (1) Téléphonie fixe non fonctionnelle.
Switch 16 ports HS :
  • (2) Plus de connexion à internet possible pour le serveur auto-hébergé, le serveur NAS et les autres postes sur mon réseau.
  • (2) Serveur auto-hébergé n'est plus du tout accessible, y compris depuis le réseau local.
  • (3) Si la situation se prolonge, risque de perte des nouveaux mails entrant.
  • (2) Serveur NAS inaccessible en local.
  • (1) Téléphonie fixe non fonctionnelle.
Switch 8 ports HS :
  • (2) Plus de connexion à internet possible les postes bureautique sur mon réseau.
  • (2) Serveur auto-hébergé n'est plus du tout accessible en local.
  • (2) Serveur NAS inaccessible en local.
  • (1) Téléphonie fixe non fonctionnelle.
  • (1) Impression sur l'imprimante réseau locale impossible.
Serveur public HS :
  • (2) Services auto-hébergé non fonctionnels.
  • (3) Si la situation se prolonge, risque de perte des nouveaux mails entrant.
  • (3) Selon la panne du serveur, risque possible de perte des données stockées dessus.
Serveur NAS HS :
  • (2) Serveur NAS inaccessible en local.
  • (3) Selon la panne du NAS, risque possible de perte des données stockées dessus.
Ensemble des équipements réseau, serveur, bureautique HS :
  • Reprendre l'ensemble des points listés précédemment.

Je ne traite pas le cas d'une panne sur la box OVH car la maintenance de cet appareil n'est pas à ma charge. En cas de défaillance, le problème est à traiter par OVH.

On peut déjà voir que certains éléments sont plus critiques que d'autres mais ils ont tous ou presque la possibilité d'entrainer des pertes de données. Si je n'en avais pas conscience avant, au moins là, c'est clairement établi. A y regarder de plus près, je vois deux types de problèmes sur les données. La non récupération de données externe et la perte de données préalablement récupérées. Dans le premier cas, c'est la conséquence d'une défaillance réseau et dans le second cas, il s'agit de la défaillance du système de stockage.

Ce qui est prévu en cas de défaillance :

S'il me faut maintenant assumer la défaillance d'un équipement, comment est-ce que j'ai prévu de réagir ? Voici ma réponse élément par élément :

Modem ADSL :
  • J'ai un modem équivalent de rechange.
Parefeu :
  • Aie ! Pas de machine de remplacement.
  • Configuration sauvegardée.
Switch 16 ports :
  • Aie ! Pas de switch manageable de remplacement.
  • Configuration sauvegardée.
Switch 8 ports :
  • Aie ! Pas de switch manageable de remplacement.
  • Configuration sauvegardée.
Serveur public :
  • Aie ! Pas de machine identique de remplacement.
  • Sauvegarde journalière des données importantes sur DD USB externe
  • Sauvegarde journalière des données importantes sur le NAS
Serveur NAS :
  • Aie ! Pas de machine identique de remplacement.
  • NAS deux baies en RAID 1. Réduction du risque de perte des données.
  • Les données les plus importantes stockées sur le NAS sont aussi sauvegardées sur une machine bureautique.
Ensemble des équipements réseau, serveur, bureautique HS :
  • Aie ! Pas de solution de remplacent de matériel.
  • Perte de toutes mes données.

Comme on peut le voir, je ne dispose pratiquement pas d'équipements "sur étagère" afin d'intervenir immédiatement en cas de défaillance, ceci afin de repartir sur une configuration strictement identique. Ça ne veut pas dire que je suis bloqué mais ça demande quelques aménagements.

Mon réseau actuel n'est que l'évolution d'un réseau à plat. Si mon parefeu ou l'un de mes switchs manageable venait à dysfonctionner, j'ai la possibilité de basculer rapidement vers une architecture réseau plus simple. Je dispose d'un switch de secours et mon modem ADSL étant un modem/routeur en mode bridge, je n'ai qu'à en modifier la configuration si besoin pour le repasser en routeur. Reste ensuite simplement à revoir l'adressage IP. Ces manipulations ne sont pas longues à réaliser et me permettent de passer facilement dans un mode dégradé.

Les données importantes sur le NAS ou le serveur public sont aussi stockées ailleurs.

Globalement donc, je sais quoi faire si un élément de mon réseau tombe et mes données sont protégées contre une défaillance isolée de matériel.

Les trous dans la raquette :

Bien que le NAS soit en mesure d'assurer mon hébergement web et mail, tout comme il est possible au serveur public d'assurer le stockage des données actuellement sur le NAS, je préfère si possible éviter de rassembler l'ensemble de ces usages sur une même machine. Une défaillance du NAS n'est pas dramatique mais une défaillance du serveur public l'est plus dans la mesure où je ne peux m'en passer et parce que je ne dispose pas de solution à déployer rapidement s'il venait à me lâcher.

Le problème le plus important pourrait se produire en cas d'incendie ou de vol de matériel. Je ne dispose pas aujourd'hui de moyen de repartir même en mode fortement dégradé après ce type de problème. Pire, je perds toutes mes données puisque je ne dispose que de sauvegardes locales.

Actions à mener afin de combler ces faiblesses :

Je vais prévoir assez rapidement une machine supplémentaire que je serai en mesure de configurer rapidement en cas de défaillance de mon serveur public ou de mon parefeu.

Je vais prévoir de placer une sauvegarde récente de mes données sur un autre lieu, de sorte que les pertes de données soient minimes même en cas de problème grave.

Dernier point, je vais aussi réfléchir à une solution permettant de poursuivre mon activité ailleurs en cas de problème grave chez moi.

Conclusion

Tant que ça marche, on ne se pose pas de question mais dès que ça ne marche plus, il peut être trop tard pour chercher des réponses. Cette petite analyse me montre quels sont les points à travailler sur mon installation. Chaque installation auto-hébergée est différente mais je pense qu'elles méritent toutes une petite réflexion de ce type.

Mise à jour blog vers PluXml 5.5

Rédigé par -Fred- / 06 avril 2016 / Aucun commentaire

Le blog évolue et passe de PluXml 5.4 à PluXml 5.5 . La mise à jour s'est effectuée sans incident. Une fois les nouveaux fichiers copiés (tous sauf les répertoires /data, /plugins et /themes, ainsi que le fichier config.php) et leurs droits vérifiés, il suffit de se rendre sur le blog et d'exécuter la mise à jour proposée afin de finaliser la migration. C'est tout.

J'apprécie toujours autant la simplicité d'utilisation de ce CMS. Merci donc aux contributeurs.

Page officielle du projet : www.pluxml.org

Ce qui me plait dans la vulgarisation scientifique et technique

Rédigé par -Fred- / 20 mars 2016 / Aucun commentaire

Autant l'annoncer de suite, j'aime les sciences et la technique en général (c'est ce qui me motive à écrire ce billet). Malheureusement pour moi (ou pas finalement), je ne suis pas un génie et je suis passé à côté de certains sujets lorsqu'ils m'ont été présentés durant mon cursus initial. Je pense à la mécanique, à l'électromagnétisme, aux outils mathématiques comme les matrices, à la programmation objet ou à la physique quantique. La physique quantique, dont j'ai eu un rapide aperçu lors de mon bref passage en fac, m'aura valu de mémoire le seul 0/20 de tout mon cursus scolaire (note méritée, il n'y a pas photo). Je n'étais pas allé en dessus de 1/20 en mécanique quand je suis passé au lycée.

J'ai malgré cela toujours eu l'impression de passer à côté de choses potentiellement intéressantes et depuis lors, lorsque l'occasion se présente à moi, je replonge dedans. Ce qui devait arriver arriva et à force de faire, j'ai donc progressé dans certains de ces domaines (les domaines technique en fait car il est assez facile de trouver des application directes).

Pour les sciences (je pense à la physique de manière générale), les occasions de replonger dedans ne se présentent pas d'elles même. C'est d'autant plus vrai qu'une fois arrivé dans le monde du travail, la théorie enseignée à l'école n'a pas d'autre but que de nous faire comprendre rapidement l'origine de tel ou tel phénomène ou le fonctionnement de tel ou tel système ou documentation technique. Pas le temps de creuser, d'autres l'ont déjà fait pour nous. Faute de temps, les sciences ne sont donc entraperçues au mieux que de temps à autre, au travers de quelques implémentations techniques.

Dans mon cas (celui d'un technicien dans l'industrie électronique (au moment où je commence à rédiger ce billet :p)) j'ai vraiment constaté qu'on ne s'amusait plus à calculer quoi que ce soit en dehors des devis à facturer aux clients. Bien entendu, mon rôle du technicien n'est pas tant de concevoir que de maintenir des systèmes. Pour autant, le matériau de base qui est le mien repose sur tout un tas de principes physiques et autres connaissances accumulées au fil des siècles qu'il m'est tout à fait concevable d'ignorer sans que cela ne soit pénalisant dans mon travail.

C'est bien dommage car au delà du côté utilitaire à "consommer" immédiatement, tel un outil que l'on s'empresse de ranger ensuite, sciences et techniques peuvent apporter beaucoup à celui qui s'intéresse. J'apprécie la vulgarisation scientifique et technique car elle met à des gens comme moi des choses géniales à portée main.

La simple curiosité, dénuée du moindre objectif utilitaire à court terme, me semble être la raison la plus naturelle de s'y intéresser. Il est toujours intéressant de comprendre comment ça marche, quelque soit le domaine. Rien que cette démarche me semble stimulante (bon, il paraitrait que tout le monde ne fonctionne pas comme ça. Je ne vais donc pas généraliser trop vite...).

Comprendre les sciences, c'est aussi comprendre comment toutes les connaissances ont été accumulées en les resituant dans leur contexte. Finalement, on peut presque s'intéresser à l'histoire sous ce prisme. Au delà des découvertes sensationnelles, la démarche scientifique en général, l'éventail des connaissances scientifiques en général ou ce qui au fil des siècles nous a amené où nous sommes aujourd'hui sont des choses importantes. Cela peut sembler anecdotique mais, pour m'y intéresser un peu, je dois dire que c'est très enrichissant.

Nous sommes en outre entourés d'objets que le temps a fini par banaliser. Ils reposent toujours sur des principes physiques et théoriques connus et maitrisés parfois depuis longtemps. Pour autant, l'utilisateur moyen est paradoxalement de plus en plus confronté à des boites noires, de mieux en mieux conçues et intuitives. Tout ce qui est technique est devenu invisible, en tout cas pour celui qui utilise l'objet ou le système. Faute d'en comprendre le fonctionnement, nous perdons le contrôle de nos objets qui finissent par devenir "magiques" en quelque sorte. L'intérêt de comprendre comment ça marche est le meilleur moyen pour les démystifier et se les réapproprier. Le jour où seuls quelques spécialistes seront en mesure d'expliquer le fonctionnement d'objets ultra répandus, ce sera un réel problème. La concentration du savoir scientifique et technique entrainera de fait, une concentration de pouvoir vis à vis des utilisateurs finaux.

Me concernant, je n'ai pas renoncer à ma capacité d’émerveillement quand je découvre quelque chose de nouveau. C'est ce qui déclenche chez moi l'envie de comprendre comment ça marche et qui fait qu'aujourd'hui, sans forcement tout comprendre de manière précise, je peux affirmer qu'il n'y a pas le moindre objet magique autour de moi...