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La magie, ça n'existe pas !

Rédigé par -Fred- Aucun commentaire

Sous ce titre énigmatique comme je les aiment se cache en fait un constat que je fais régulièrement, à savoir que dans un certain nombre de situations quotidiennes, et notamment vis à vis des outils technologiques et bien entendu informatiques, il ne s'agit pas tant de faire fonctionner tel ou tel dispositif que d'en faire l'invocation du mieux qu'on peut. Pour autant, la magie ça n'existe pas.

Prenez un enfant devant le menu d'un DVD qui s'affiche à l'écran et attendez le moment où il touchera du doigt l'écran pour voir son film. Ce n'est pas bien de se moquer des enfant et d'ailleurs, je ne le fait pas ici. Je pense seulement que ça illustre bien le niveau de réflexion que l'on a lorsqu'on met en œuvre tel ou tel système. Une espèce de formule du type, c'est comme ça que je m'imagine que ça doit marcher, c'est donc comme ça que ça marche, et peu importe que cela soit totalement illogique d'un point de vue technique.

L'adulte fonctionne exactement pareil. Dans un monde où la technique est de plus en plus complexe à apprivoiser et où il devient illusoire de comprendre de manière fine le fonctionnement de l'ensemble de nos dispositifs, on baisse globalement les bras finalement. Au lieu de chercher à comprendre au moins de manière simplifiée le fonctionnement des outils ou des procédés que l'on met en œuvre, on les prend comme des boîtes noires, des choses qui par nature n'ont pas à être comprises. Prenons par exemple un hypothétique procédé chimique permettant d'enlever instantanément du vernis à ongle, plus rapidement encore qu'avec de l'acétone (j'ai entendu ça au détour d'une conversation mais je n'ai pas poussé plus loin la vérification, d'où l'exemple hypothétique). Le premier réflexe c'est de se dire "Chouette ce truc !" mais très vite ça devrait être "Comment c'est possible ? (un procédé si efficace peut aussi avoir des effets indésirables importants)". Le besoin de comprendre semble avoir peu de poids face à l'émerveillement que peut susciter une nouvelle innovation et les bienfaits attendus.

Notre rapport aux antivirus est aussi assez particulier. Petite parenthèse, je n'ai pas d'antivirus sur mes postes, ce qui ne m'empèche pas de me reposer régulièrement la question de l'intérêt d'en installer un. Je ne me considère pas à l'abri de tous les problèmes sous GNU/Linux mais pour diverses raisons, je m'en passe très bien pour le moment. L'antivirus donc, c'est un peu pour certains la solution miracle à tous les mots de sa machine. Je compare souvent son utilisation à une sorte d'incantation mystique. Ce n'est pas tant du produit en lui même que je parle que des cas d'usages. En cas de doute, généralement quand on ne comprend pas ce qui se passe, on fait un petit scan avec son outil préféré et on trouve, ou non d'ailleurs, un petit truc à éradiquer. C'est visuel, ça parle et ça rassure puis on passe à autre chose. Ce qui me dérange le plus ici, c'est vraiment que l'incantation remplace toute forme de réflexion. Si vraiment on a eu à nettoyer un virus sur une machine, c'est que le mal a déjà été fait et que l'on est dans le palliatif. Un peu de réflexion doit amener à se poser la question de l'origine du problème pour mener des actions préventives (mise à jour régulières du poste, utilisation plus vigilante de sa machine, ...).

Il paraît que les machines ont une volonté propre. C'est souvent lancé par dépit ou sur le ton de l'humour mais de temps à autre, j'en viens à penser que certains le disent sérieusement. J'entends parfois que la machine n'aime pas telle personne ou qu'elle n'en fait qu'à sa tête. C'est assez dur à entendre car on se retrouve de le délire le plus complet où on en arrive à tenter d'expliquer que non, une machine n'aime pas plus (ou ne déteste pas plus) une personne qu'une autre. En fait, elle est complètement insensible et complètement objective. Ça ne l'empêche pas de ne pas faire ce que l'on pense lui avoir demandé mais en définitif, elle ne fait que ce qu'on lui demande et elle se trompe rarement. La nuance est intéressante car il y a parfois un écart important entre ce que l'on pense dire et ce que l'on dit réellement (comme entre deux personnes). L'incompréhension ne vient pas tant du mauvais caractère supposé d'un système que de nos propres difficultés à nous exprimer correctement, de sorte que la machine réussisse à nous comprendre.

Bref, encore une fois, la magie ça n'existe pas. Depuis le temps, on devrait le savoir et pourtant nous sommes incorrigibles, quoi qu'on nous dise, à un moment ou à un autre beaucoup y croient. Dès lors que nous croyons aveuglement pour ainsi dire, nous devenons vulnérables et dépendants car la raison ne guide plus nos actions. L'esprit critique devrait au contraire faire de nous des personnes indépendantes capables de choix éclairés.

Troll : c'est toujours les utilisateurs Linux qui ont des problèmes

Rédigé par -Fred- 6 commentaires

Je me suis pris récemment cette remarque de la part d'une personne : C'est toujours les utilisateurs Linux qui ont des problèmes avec ces fichiers, alors inutile de vous dire ce que je pense de Linux .... Quelques éléments de contexte viennent juste après, histoire de mieux cerner la phrase en question. J'ai d'abord voulu écrire un truc sur le coup mais j'ai préféré attendre un peu pour le faire plus posément. Ça me permet aussi d'élargir un peu ma perspective.

Sans donner trop de détails sur le contexte dans lequel on m'a fait cette remarque (ce n'est pas le propos), disons que je devais ouvrir un fichier vidéo realmedia et que je n'y parvenais pas sous ma Debian. Je me suis donc permis de signaler que le fichier présentait quelques problèmes dans le mesure où normalement, je pouvais ouvrir ce type de fichier avec mon système. Là où ça devenait rigolo, c'est que le fichier avait semble-t-il aussi posé des problèmes à d'autres utilisateurs sous Windows notamment. Pour la petite histoire, le fichier était effectivement tout pourri mais en le convertissant avec mencoder, j'ai tout de même pu le lire complètement (ce que j'avais aussi indiqué à celui qui me l'avait mis à disposition). Manifestement, les autres personnes sous Windows n'ont pas pu le lire complètement, eux...

Bref, ce qui est dur avec une telle remarque balancée comme ça, c'est qu'elle tombe comme une sentence de la part de personnes qui ont arrêté depuis longtemps de se poser des questions. Demander à tout le monde d'ouvrir un fichier à moitié corrompu et dans un format tout pourri, c'est vraiment avoir des œillères et ça montre un réel manque de capacité à se remettre en question.

Plus généralement, lorsqu'on tourne avec un système peu utilisé (en tout cas sur des postes utilisateurs), on doit régulièrement prouver que le problème lorsqu'il arrive ne vient pas de chez nous. Ensuite seulement on peut commencer à prendre l'ensemble des éléments du problème en compte. En soit, cette approche n'est pas déconnante puisque par défaut c'est bien de regarder en priorité la "brique" que l'on connaît le moins. Toutefois, il ne faut pas se tromper et être capable d'admettre que le problème peut aussi trouver son origine dans la brique la plus connue et potentiellement la plus éprouvée.

L'utilisateur GNU/Linux que je suis a donc pris l'habitude depuis longtemps de chercher et de se poser tout un tas de questions pour vérifier le bon fonctionnement de son propre système avant d'oser affirmer que le problème puisse être ailleurs. Les questions en particulier autour des formats de fichiers peuvent parfois encore être un peu pénibles de ce point de vue. Combien de fois en effet on ne se trouve pas embêté par des problèmes liés à un manque d'interopérabilité sur des formats de fichiers de traitement de texte ou entre des suites bureautiques bien connues ? La compréhension de tel ou tel comportement étrange passe par beaucoup de recherche dans la doc ou dans les discussions sur le web, par des phases d'expérimentation et de tests divers. Je ne connaît pas tout et je serai toujours loin de maîtriser à fond telle ou telle autre techno mais je pense que ma démarche est la bonne car je considère que je suis potentiellement la première source d'erreur (et ça se vérifie régulièrement).

On me fera remarquer, à juste titre, que ça demande du temps et que très franchement, la plupart des gens face à un problème ne font ou ne feront pas ça. Il y a tout un tas de bonnes raisons, respectables en plus. Mais, pour tous ceux qui sont dans ce cas là, merci de ne pas désigner de responsable comme ça, au doigt mouillé. Vous ne savez pas, même si vous en êtes intimement convaincus. Vous ne disposez d'aucun élément puisque vous ne les cherchez pas. Vous n'avez peut être même pas pensé que le problème puisse à cet instant précis être situé entre votre chaise et votre clavier. Si vraiment c'est important pour vous de trouver une solution et de comprendre ce qui se passe, il y a toujours de la doc à disposition et des gens prêt à vous aider si bien entendu vous y acceptez d'y mettre du votre. Mais autrement, ayez l'humilité de ne pas accuser quoi que se soit ou qui que se soit car en l'état ça vous dépasse.

Sinon, moi ça va... :D

Entrée à l'EICNAM

Rédigé par -Fred- 2 commentaires

Puisque j'en suis arrivé à cette étape de mon cursus, je me suis dit que détailler comme cela se passe du point de vue d'un auditeur CNAM pouvait être intéressant. Ce que je décris vaut pour ce que j'ai vécu uniquement et je ce n'est certainement pas exhaustif. Dans mon cas, je ne pratique aujourd'hui pratiquement que l'enseignement à distance sauf pour quelques UE (Unitées d'Enseignement) spécifiques.

Précision avant d'aller plus loin, l'EICNAM est le nom donné à l'école d'Ingénieur du CNAM.

L'inscription au CNAM se fait sans concours d'entrée. Seul un niveau d'étude minimal est demandé en fonction des UE ou des diplômes que l'on vise. Dans certains cas, des UE de mise à niveau sont proposées, notamment lorsque l'on vise un diplôme en particulier (c'est d'ailleurs ce que j'ai eu à faire avant de vraiment commencer ma licence d'informatique en prenant NFP135 et NFP136). Contrairement à un cursus classique, un niveau d'expérience dans le domaine peut être nécessaire pour que le diplôme soit délivré.

Pour l'EICNAM, c'est un peu différent. Dans la mesure où l'école est habilité par la CTI (Commission des Titres d'Ingénieur) à délivrer des diplômes d'ingénieur, il y a certaines conditions supplémentaires. Les cours sont organisés de la même manière mais certaines UE ne sont pas accessibles tant que l'on est pas inscrit (une UE relative au métier d'ingénieur, une autre de communication et le mémoire). De plus, il faut être inscrit au moins 4 semestres au CNAM pour avoir le droit de demander son diplôme.

L'inscription à l'EICNAM est elle aussi un peu plus balisée qu'une inscription habituelle au CNAM. Il est nécessaire de rendre un dossier détaillant son projet d'Ingénieur. Ensuite, il faut passer un entretien devant un jury. Cet échange a pour but de tester nos aptitudes et de valider notre projet. Le jury peut à cette occasion être amené à nous donner ses conseils. Cette demande d'inscription est possible dès lors que l'on a obtenu la quasi totalité de UE du cycle préparatoire. Dans mon cas, j'ai passé l'entretien alors qu'il me restait deux UE du cycle préparatoire à valider. Il est par ailleurs possible de préparer certaines UE du cycle ingénieur avant d'être inscrit à l'EICNAM.

J'ai donc été autorisé à m'inscrire à l'EICNAM afin de préparer un diplôme d'Ingénieur en électronique. Toutefois, j'ai entre temps souhaité et eu la possibilité de changer d'orientation professionnelle. En clair, depuis mon passage devant le jury, j'ai quitté l'industrie électronique et mon metier actuel touche désormais à l'informatique dans un tout autre secteur d'activité. Je n'ai plus aujourd'hui la possibilité de valider un diplôme d'Ingénieur en électronique, cela n'aurait d'ailleurs pas de sens. Ce choix professionnel est parfaitement assumé et l'année qui vient va donc me permettre de réévaluer mes objectifs au CNAM.

EDIT du 25/06/2016 : tout n'est peut être pas perdu finalement. Sur mon poste actuel, j'entrevois en effet un possible sujet de mémoire qui pourrait être présenté dans le cadre d'un diplôme d'ingénieur en électronique. Rien n'est acté de manière formelle mais sur le principe, cela pourrait coller tant au niveau de mon employeur que du côté du CNAM. Plus important encore, ce possible sujet de mémoire m'intéresse :D .

EDIT du 17/09/2016 : Je viens d'avoir confirmation que dans le cas où j'aurais envie de changer de spécialité, je serai obligé de repasser un nouvel entretien pour intégrer l'EICNAM dans la nouvelle spécialité. En soit, cela n'est pas illogique mais du coup si je n'ai d'autre choix que de changer de spécialité, je risque de retarder encore un peu plus le moment où je pourrai vraiment en terminer (car forcement, il faut valider des UE pas prévues initialement et avoir 2 ans entre les moment où on est accepté à l'EICNAM dans la spécialité et le moment où on peu effectivement présenter son mémoire). Cela dit, la piste de mémoire en spécialité électronique est toujours ouverte.

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