Sujets-libres.fr

Informatique, logiciels libres, internet, humeurs et… le reste !

Limites des réseaux sociaux

Rédigé par -Fred- Aucun commentaire

Les réseaux sociaux tels qu'on les connaît aujourd'hui ont vraiment modifié la manière de communiquer sur Internet. On pourrait aller jusqu'à dire qu'il y a un avant et un après. A une époque pas si lointaine encore, si l'on voulait communiquer sur Internet (et le web en particulier), on se construisait son propre site et on pouvait ensuite l'alimenter. Chaque site était différent et potentiellement géré par des acteurs différents eux aussi. Cette manière de faire fonctionne même si chacun propose des contenus dans son coin car des liens se tissent entre les pages. C'est à mon sens quelque chose de très important en fait car le système n'est pas centralisé.

Ils (les réseaux sociaux) fonctionnent sur le web mais pour autant, leur fonctionnement est un peu différent. Il faut les voir comme une couche intermédiaire entre l'utilisateur et le web. Lorsqu'il modifie sa page ou ajoute du contenu dans son profil de réseau social, l'utilisateur ne poste pas tant sur le web que sur la plateforme du réseau social qui lui est présent sur le web. La nuance est importante car bien que ce soit les utilisateurs qui apportent leur contenus au réseau social, c'est bien le réseau social lui même qui organise ces données ensuite et les met en valeur. Ces quelques sites sont tellement utilisés qu'ils sont à juste titre considérés comme des points de centralisation sur Internet. Si j'osais la comparaison, on pourrait dire qu'on est passé d'une démarche "artisanale" à une démarche "industrielle".

A l'heure où les blogs et autres page perso sont souvent remplacés par des simples pages facebook ou des comptes twitter, l'information y est donc concentrée. Cela va même plus loin car ces réseaux deviennent les canaux de communication principaux de bon nombre de communicants. Du côté de ceux qui recherchent l'information, ces médias deviennent vraiment incontournables et c'est ainsi que l'on rentre dans un cercle vicieux.

Dans leur recherche de confort, d'efficacité et de simplicité d'usage, bon nombre de communicants ont délégué à quelques entreprises la gestion des outils sur lesquels il s'appuient pour communiquer. On le constate vraiment à différents niveaux, depuis l'internaute lambda jusqu'aux politiques en passant par les journalistes. Globalement, ça peut concerner tout ceux ayant à un moment donné besoin de communiquer.

Ces plateformes centralisées posent plusieurs problèmes dont l'un concerne la censure. En fait, même si ce n'est pas leur but, les plateformes de réseaux sociaux doivent être à même de prendre des mesures permettant de retirer des contenus qu'ils hébergent lorsque ces contenus sont signalés comme posant un problème. Les raisons peuvent être multiples, violation de copyright, contenus violents, racistes, terroristes, etc ... Devant la masse d'informations gérées par ces sites, des procédures sont mises en place afin qu'il ne soit pas nécessaire d'engager une armée de modérateurs. Tout le monde peut ainsi remonter au réseau social des contenus inapproprié à faire enlever. Le site en question peut alors agir en écartant les contenus et en suspendant le compte de celui qui les a postés.

Ce qui est grave avec ce système, c'est que le fond n'est pas analysé immédiatement. C'est le ou les signalements qui ont de l'importance car c'est ce qui motive la suppression de contenus ou la suspension de compte (quitte à y revenir ensuite mais le mal est déjà fait). Ce procédé permet, au même titre qu'un DDOS mais en plus simple, de nuire à la capacité de communication d'une personne ou d'un groupe sur Internet. Voilà pourquoi il est important de ne pas dépendre uniquement des réseaux sociaux pour gérer sa communication sur internet. A ceux qui veulent faire passer des informations, prévoyez un site, une mailling list ou tout autre moyen neutre vous permettant de communiquer normalement. Les réseaux sociaux ne devraient être qu'un moyen parmi d'autre de communiquer et si vous en dépendez, vous devriez considérer que cela pose un problème. Accessoirement, amener les discussions à se dérouler via des outils neutres, ça permet à des olibrius dans mon genre de suivre un peu mieux ce qui se passe et se dit en marge des actus et autres billets de blogs.

Malgré cela, même ceux qui ont conscience du problème (les médias notamment) ne peuvent pas grand chose si ceux qui les suivent ne changent pas eux aussi leurs habitudes. Dernièrement, c'est le site Reflets qui a fait les frais d'une suspension abusive de deux comptes twitter (la Fachosphère ayant signalé des contenus inapproprié sur ces comptes ; twitter a réagit, sans autre forme de procès). Ni une ni deux, les administrateurs du site Reflets ont eu la bonne réaction en proposant une mailling list permettant à tout ceux qui le souhaitaient de pouvoir communiquer entre eux. Deux jours plus tard, les comptes twitter ont été réactivés et la mailling list ne vit pas beaucoup (je ne connais pas l'activité des comptes twitter mais ce serait intéressant de comparer, à titre indicatif). Ça me fait dire qu'on a beau avoir conscience des limites du système, on est pas près d'abandonner notre petit confort...

Réseaux sociaux et pression sociale

Rédigé par -Fred- Aucun commentaire

Fut un temps, avant même l'ère d'internet, la communication ne se faisait qu'en vrai (IRL). Pour communiquer avec quelqu'un il suffisait juste de se trouver face à lui et en gros de parler la même langue (pour faire pédant : adoption par toutes les parties en présence d'un protocole de communication commun pour échanger de l'information). A défaut de parler la même langue, il est toujours possible de bricoler un truc avec les mains. Là, c'est plus rudimentaire mais ça a l'avantage d'être bien plus souple finalement. Ça a bien marché quelques milliers d'années.

Bon, à un moment donné, les gens ont eu la possibilité de communiquer par internet et il faut bien avouer que ce qui a le mieux marché pendant un certain temps, ce sont les trucs normalisés par des RFC (Request For Comments ; ensemble de normes d'internet dont le processus de création est ouvert et où chacun peut participer ; dans la pratique après, il vaut mieux être un spécialiste dans son domaine mais bon, c'est ouvert et c'est ce qui compte). Internet a pu se développer grâce à ça. Typiquement, les protocoles liés au mail sont de ceux là. C'est rudement pratique car tout le monde peut créer une implémentation des RFC correspondants, monter son propre service sans rien demander à personne tout en pouvant communiquer avec les autres personnes qui utilisent aussi le service.

Aujourd'hui, les réseaux sociaux les plus populaires offrent un grand nombre de services à leurs utilisateurs, leurs utilisateurs sont toujours plus nombreux et finalement, nombre d'utilisateurs ne voient internet qu'au travers de leur réseau social. Au passage, petite reformulation, nombre d'utilisateurs de voient d'internet que ce que leur montre leur réseau social. Cela relève du choix personnel et si ce choix n'avait pas d'impact au delà, ça ne poserait pas de problèmes.

Se pose pourtant bien un problème : les réseaux sociaux servent par définition à communiquer entre plusieurs personnes. Mais comment faire communiquer ceux qui ont concentré toute leur activité sociale en ligne et ceux qui ne sont pas présents sur le réseau social en question ? C'est simple en fait :

  • 1 - soit l'interlocuteur qui n'est pas encore sur le réseau social se crée un compte.
  • 2 - soit l'interlocuteur qui se trouve déjà sur le réseau social continue à utiliser des modes de communication "traditionnels" pour atteindre ceux qui sont en dehors.

Le premier choix peut tout à fait être inenvisageable pour des question de respect de la vie privée par exemple. C'est aussi un choix personnel. Reste alors le second choix mais ce canal de communication est par la force des choses de moins en moins utilisé. En clair, il y a de part et d'autre des choix personnels qui par la force des choses finissent par devenir incompatibles.

Aujourd'hui, j'en suis là. J'ai plusieurs fois eu des invitations à m'inscrire sur tel ou tel réseau social pour être en contact avec des proches ou des connaissances. Récemment encore, on me l'a proposé, en me ventant le côté vraiment pratique du réseau social en question. Histoire de ne pas toujours pointer le même, là c'était Linkedin, plusieurs fois par le passé, ça aura été Google+. Je n'en ai jamais rien fait et j'ai à chaque fois indiqué poliment que je ne désirais pas y avoir de compte (une seule inscription Facebook au compteur, pour tester un truc, fermeture ensuite sans avoir utilisé la chose). Ce qui est amusant, c'est que c'est souvent par le mail qu'arrivent les invitations à s'inscrire sur le réseau social.

Le rapport de force tourne à l'avantage des utilisateurs de réseaux sociaux et la pression est de plus en plus forte pour y aller. En effet, je constate que je ne reçois plus autant de nouvelles de mes proches aujourd'hui alors que la plupart on une activité en ligne parfois importante. L'absence sur les réseaux sociaux n'est pas vraiment remarquée et quand bien même elle peut l'être, ça ne change rien.

Par honnêteté intellectuelle, je me suis demandé après coup si ce que je reproche aux réseaux sociaux n'était pas déjà reprochable à internet (média pour lequel il faut déjà être équipé), ou même à chaque évolution précédentes dans nos modes de communication (langues orales ou écrites par exemple). Finalement, ces (r)évolutions ont toutes pu à un moment placer certains individus en marge et je ne vois peut être que ce qui m'arrange. Tout cela est probablement exact. Aujourd'hui, une personne ne sachant ni lire ni écrire vit une exclusion bien plus importante que celle que je décris dans ce billet.

Toutefois, les réseaux sociaux ont à mon sens amené quelque chose de vraiment nouveau, à savoir qu'ils sont, au moins pour les plus populaires d'entre eux, centralisés et fermés. Alors que les modes de communication précédents se contentaient de fixer les règles pour échanger de l'information, les réseaux sociaux eux contrôlent en plus l'espace où ces règles s'appliquent et ont une vue générale sur l'ensemble de ce qui s'y déroule.

J'en arrive donc aujourd'hui à une aberration. Puisque je réfléchi un peu à ma manière de communiquer et que je cherche à être cohérent, j'en arrive à m'exclure tout seul du groupe, comme un grand, alors que ce n'est pas mon but :/ ...

Fil RSS des articles de ce mot clé