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Retours d'un auditeur CNAM

Rédigé par -Fred- Aucun commentaire
Je crois bien que je n'ai jamais parlé ici très en détail de mon expérience au CNAM.

Comme cette année aura été pour moi un peu charnière avec l'obtention de deux licences (en électronique et, il y a quelques jours, en informatique), je me suis donc dit que c'était certainement le moment pour moi de faire un peu le point.


Tout d'abord, qu'est-ce que le CNAM ?


Il s'agit du Conservatoire National des Arts et Métiers. C'est une école délivrant des diplômes de l'enseignement supérieur et habilitée par la CTI à délivrer des diplômes d'ingénieur.
La particularité du CNAM est que les cours sont dispensés hors temps de travail ou en enseignement à distance. Il est donc possible de suivre les cours en parallèle d'une activité professionnelle.
Je ne suis pas le mieux placé pour en parler plus longuement. Pour plus d'informations, vous pouvez consulter le site officiel : http://www.cnam.fr/

Quel est mon parcours précis au CNAM ?


J'y suis auditeur depuis 2001. J'ai d'abord entamé un DEST d'électronique (Diplôme d’Études Supérieures Techniques ; diplôme bac+4) entre 2001 et 2004 mais je n'ai validé qu'un peu plus de la moitié des modules (appelé Unité d'Enseignement (UE) aujourd'hui) durant cette période.
En 2009, j'ai décidé de préparer une licence d'informatique et j'y suis allé relativement tranquillement, m'accordant même une année sans préparer une seule UE.
Je me suis rendu compte ensuite qu'une licence d'électronique était depuis proposée (elle ne l'était pas en 2004) et qu'il me restait simplement un TP à valider pour l'avoir (le Unités d'enseignement du CNAM sont valables à vie). Bref, j'en ai profité pour la terminer aussi.
Voilà comment j'ai pu valider deux licences en quelques mois :p .

Quelles étaient mes motivations ?


Je me suis vite rendu compte qu'une fois dans le monde professionnel, certaines connaissances pratiques et beaucoup de connaissances théoriques étaient très vite mises en sommeil, faute d'être appliquées. Le meilleur moyen de ne pas perdre ses connaissances reste de pratiquer régulièrement. Tant qu'à pratiquer, autant en apprendre plus pour progresser. Voilà pourquoi j'ai commencé le CNAM en 2001.

Comme je suis passionné d'informatique et que ça me tentait bien d'en faire mon métier, j'ai voulu professionnaliser ma démarche et j'ai donc repris le CNAM en 2009.

Commençons par ce qui fait mal : faiblesses d'un cursus CNAM


La principale faiblesse est inhérente à la forme. Un an de cours en formation initiale prendra deux à trois fois plus de temps en passant par le CNAM. Comme précisé en introduction, on travail ses cours hors temps de travail "professionnel". Cela signifie qu'en se lançant dans un tel cursus, il faut s'attendre à faire des sacrifices sur une plus ou moins longue période, d'autant plus si l'on a une vie de famille à laquelle on tient.

Tous les cours ne sont pas forcement égaux. Certains intervenants, même s'ils connaissent leur affaire, ne sont pas forcement aussi réactifs qu'on le souhaiterait, notamment en enseignement à distance (les enseignants le font aussi hors temps de travail, ne l'oublions pas). L'enseignement à distance est de plus en plus la norme au CNAM. Cela peut être déstabilisant car il faut être armé pour travailler en grande autonomie.

La reconnaissance professionnelle qui découle de cette formation est variable. Cela mériterait un billet entier mais pour l'heure, je serai synthétique :

  • La formation est longue et tant qu'on a pas obtenu le diplôme que l'on prépare, on ne peut pas le faire valoir. Prises seules, quelques UE sont difficiles à mettre en valeur.

  • Faire le CNAM est souvent une démarche personnelle à laquelle l'auditeur n'associe pas nécessairement son employeur. L'employeur n'a pas forcement l'envie ni les moyens de valoriser cet investissement.

  • Devenir ingénieur CNAM signifie probablement avoir été technicien avant. Cette étiquette de technicien peut coller à la peau et freiner l'évolution (voir plus bas pour un avis complémentaire là dessus).


Les forces d'un cursus CNAM


Les points ci-dessus ne doivent pas être rédhibitoires. En effet, si on les examinent sous un autre angle de vue, ils peuvent même être un plus.

J'arrive aujourd'hui plus facilement à replonger dans des matières plus théoriques qu'au moment où j'ai commencé le CNAM. Je pense que ça a été très bénéfique de ce point de vue. C'était l'une de mes motivations de départ.

La majeure partie des enseignants que j'ai eu étaient très compétents, voir impressionnants.
Ce constat peut être variable d'un centre CNAM à l'autre mais voilà mon ressenti en région Bretagne.

Réussir un parcours CNAM signifie être extrêmement autonome car on travail généralement seul. Les TP en binômes sont assez rares par exemple.
Toutefois, l'enseignant est joignable et des forums sont mis en place pour encourager les échanges entre auditeurs.

En étant auditeur au CNAM, on sort un peu de la relation prof/élève des études en cycle initial. Les enseignants au CNAM savent qu'il s'adressent à des professionnels qui ont choisi d'être là. Ils tiennent réellement compte des contraintes de chacun. Ce rapport est extrêmement intéressant.

Un gros atout du CNAM est qu'il est habilité à délivrer des titres d'ingénieur reconnus. Il est toujours possible de se former, qui plus est grâce à internet, mais obtenir un diplôme reconnu, c'est déjà moins simple.

Il n'est pas simple non plus de quitter un travail pour reprendre ses études. Le CNAM permet de concilier les deux et d'avancer dans ses études à son rythme.

Le coût des études n'est pas nul mais reste modéré. A titre indicatif, la licence d'informatique que je viens d'obtenir (je l'ai financé entièrement au tarif individuel ; la région Bretagne en finance une part importante) m'a coûté environ 1300€ étalés sur 3 ans. On est assez loin du coût de certaines écoles. Il est aussi possible de faire financer une partie de sa formation par son employeur.

Évoquer son parcours CNAM (et donc ce que cela suppose comme travail et sacrifices) force un certain respect. Ça vaut pour ses proches, ses collègues, ses supérieurs. La démarche reste valorisable quoi qu'il arrive.

En prenant du recul, je suis intimement convaincu qu'être technicien avant de devenir ingénieur est vraiment un plus. Avoir un pied depuis plusieurs années en milieu professionnel avant de recevoir son diplôme présente l'intérêt d'être moins formaté qu'en sortant immédiatement d'un cursus initial avec un diplôme d'ingénieur en poche.

Conclusion


J'entame ma huitième année au CNAM et mon choix n'est pas encore arrêté de manière précise mais il est probable que je tente de préparer le diplôme d'Ingénieur (la spécialité n'est pas encore vraiment arrêtée ; je termine par ailleurs un cursus de responsable opérationnel en Électronique). J'ai donc encore quelques années avant d'en terminer.

J'encourage vivement les gens à y aller, à se former.
Le CNAM est un ascenseur social.
Classé dans : CNAM Mots clés : aucun

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